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GROSBEDON LE POLTRON

Le géant Grosbedon ne réussit pas à dormir. Ses pieds dépassent du lit et ses orteils sont tout gelés. Il pleut et il n'y a pas d'étoiles dans le ciel. La nuit est très noire. Grosbedon cache sa tête sous la couverture. Il essaie d'être courageux, mais il a peur du noir.

Le lendemain, Grosbedon est très fatigué. - Je vais faire une promenade, dit-il. L'air frais va me réveiller. Comme il pleut toujours, il met ses grosses bottes noires. Pour rester au sec, il met aussi son manteau et son chapeau, et il part en promenade. Il s'amuse à sauter dans les flaques d'eau.

A la ville, Grosbedon aperçoit une énorme flaque d'eau. Elle est si grosse que personne ne peut la traverser. - Je peux vous aider à traverser la flaque d'eau, dit Grosbedon. Mais les gens ont peur de lui. - Tu es grand et courageux, disent-ils. Tu n'as peur de rien. Grosbedon ne leur dit pas qu'il a peur du noir.

Grosbedon soulève un camion, la voiture du pâtissier et un gros autobus au-dessus de la flaque d'eau. Il prend un train et le remet sur la voie ferrée. - - Nous allons être en retard à l'école, disent les enfants. Alors Grosbedon tourne son chapeau à l'envers pour en faire un bateau. Les garçons et les filles traversent la flaque pour se rendre à l'école.

Mais il reste des autobus, des voitures, des chats et des chiens qui attendent de traverser la flaque. Alors Grosbedon s'agenouille au-dessus de l'eau. - Je suis un pont, dit-il. Tous traversent la flaque d'eau en passant sur le dos de Grosbedon. - Merci, Grosbedon, disent-ils. Plus personne n'a peur de Grosbedon.

Frédérick le fermier et ses moutons veulent traverser la flaque d'eau. - Nous n'aimons pas l'eau, dit un mouton. Nous ne voulons pas tomber dans la flaque. Alors Grosbedon prend le fermier et les moutons. Il enjambe la flaque et il enjambe les champs. Enfin, le fermier et ses moutons sont de retour à la ferme.

Frédérick le fermier a beaucoup de travail à faire. Il doit planter dix nouveau arbres et balayer la cour de la ferme. Il doit tondre ses moutons. - Je peux t'aider à planter les arbres, dit Grosbedon. Il enfonce son pouce à dix endroits dans le sol et fait dix gros trous pour planter les nouveaux arbres.

Grosbedon aperçoit Françoise la fermière, la femme de Frédérick, qui nourrit les poules. Soudain, il se met à bâiller et ne peut plus s'arrêter. - Pourquoi es-tu si fatigué? demande Françoise. - Je ne réussis pas à m'endormir, le soir, répond Grosbedon. Mes pieds dépassent de mon lit et j'ai les orteils tout gelés. Et, en plus, j'ai peur du noir. Frédérick le fermier et Françoise la fermière aiment bien Grosbedon. Alors ils l'amène dans une grange immense et le laissent dormir dans le foin.

Le foin est tiède et doux. Grosbedon ne tarde pas à s'endormir. Puis il commence à ronfler. Quel vacarme! Les vaches se réveillent. Les chats se réveillent. Les poules se réveillent. Les souris courent partout sur le plancher. En ronflant, Grosbedon souffle si fort que la porte de la grange s'ouvre toute grande.

En ronflant, il souffle si fort, que toute la poussière s'envole de la cour. - Grosbedon a balayé la cour pour moi, dit Frédérick le fermier, qui s'en va tondre ses moutons. Puis Françoise la fermière accroche des vêtements humides à la corde à linge. Grosbedon ronfle toujours. Et il souffle si fort que les vêtements sèchent en un rien de temps.

Grosbedon se réveille un peu plus tard. Il se frotte les yeux et s'assoit dans le foin. - Merci, Grosbedon, dit Frédérick le fermier. Tu nous as bien aidés pendant ton sommeil! Puis Françoise la fermière lui donne une grosse boîte brune. - Apporte-la chez toi, mais ne l'ouvre pas avant d'aller au lit! dit-elle.

Grosbedon leur dit au revoir et repart chez lui. Le ciel est bleu et le soleil brille. L'immense flaque d'eau a presque disparue. Dans l'autobus scolaire, tous les enfants lui envoient la main. Le pâtissier donne à Grosbedon un gros gâteau à la crème pour sa collation. Et le sifflet du train retentit quand il passe près de lui.

Ce soir-là, Grosbedon ouvre la boîte brune. Il y trouve une paire de grandes chaussettes chaudes et un ourson. Françoise la fermière les a fabriquées avec la laine des moutons. Les chaussettes tiendront ses pieds bien au chaud. Grosbedon serre son ourson tout contre lui. Il n'aura plus jamais peur du noir!